Pour vivre vieux et vieillir mieux, l’association FLVS (Fleurbaix Laventie Ville santé), spécialisée dans la prévention santé avait lancé en 2004 le programme Epode pour lutter contre l'obésité des enfants. Développé dans dix villes, Epode a essaimé dans 167 municipalités et plusieurs pays étrangers.
Cette association propose dans quelques villes-pilotes un programme qui veut aider les seniors à acquérir ou conserver une bonne hygiène de vie et qui mêle alimentation, sport, activité intellectuelle et relations sociales.
Sur le même schéma, qui fait une large place à l'initiative des collectivités locales, FLVS a lancé un programme pour les plus de 60 ans, "Pensa", autrement dit "prévention santé et nutrition des seniors actifs", qui veut favoriser un vieillissement réussi. Soutenu par la fondation Isica, du groupe de prévoyance et retraites AG2R, il bénéficie de la caution des ministères de la Santé et du Travail.
Les plus de 60 ans sont déjà 14 millions en France. En 2035, ils représenteront 35% de la population, ont noté des gériatres lors d'une conférence de presse.
On observe certes une "hausse du nombre des années vécues en bonne santé", comme le note le gériatre Claude Jeandel, puisque l'espérance de vie sans handicap augmente de quatre mois tous les ans, mais aussi une hausse de l'emprise des pathologies liées au vieillissement. "Le défi gérontologique est de réduire le nombre d'années en incapacité", a-t-il souligné.
Les déterminants sont nombreux : données biologiques, histoire de vie, mais aussi habitudes et comportements. A ce jour, chez les seniors, 25% sont en bonne santé, 25% malades, et 50% peuvent basculer d'un côté ou de l'autre. Il s'agit "d'aider ces 50% à basculer du bon côté, grâce à une bonne hygiène de vie", disent les gériatres.
Le Dr Stéphane Cascua, médecin du sport, insiste à cet égard sur l'activité physique qui divise par 2 à 3 le risque d'accidents vasculaires cérébraux, réduit l'ostéoporose, l'arthrose, améliore la mémorisation, voire "limite les risques d'Alzheimer". Il faut cependant qu'elle soit "régulière, modérée, continue, diversifiée". Il s'agit de "bouger mieux pour vivre mieux et vivre vieux", dit-il.
"Pensa, ce n'est pas tant un programme qu'une méthodologie pour mobiliser des acteurs locaux sur le terrain", explique le Dr Jean-Michel Borys, nutritionniste du CHU de Montpellier.
Avec l'aide des associations, des commerçants, des médias, des entreprises, les quatre villes pilote -Royan, où les plus de 60 ans sont 54%, Evreux, Cavalaire sur mer et Contrexéville- vont proposer des activités de prévention. Sur place, un "chef de projet" aidé d'une équipe comprenant médecin, éducateur sportif et diététicien, coordonnera les opérations.
Chaque année un thème de réflexion -en 2008, l'offre sportive en direction des seniors-, et une pathologie -l'ostéoporose- seront mis en vedette.
En outre, chaque semestre verra le développement d'opérations de promotion sur une thématique particulière : pour la période printemps-été 2008, il s'agit de "retrouver le goût du plein air". Avec par exemple des cours de cuisine utilisant des produits de saison, la gestion de potagers municipaux, des tournois de bridge, scrabble ou sudoku en plein air, des randonnées. Le soleil fournit en effet la vitamine D qui fixe le calcium... Libre aux villes de broder sur ces thèmes.
Véronique Perussault, adjointe au maire de Contrexéville, estime que dans sa ville "on a déjà beaucoup à proposer". "Mais ça nous permet d'articuler toutes les actions, de les faire connaître et d'en développer d'autres", dit-elle.