Assurance emprunteur : quel bilan pour la loi Lagarde ?

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jeudi, 22 décembre 2011

Plus d'un an après sa mise en application, la loi Lagarde sur l'assurance emprunteur confirme son utilité, mais son bilan montre qu'elle reste perfectible.

Cette loi destinée dans sa globalité à mieux protéger le consommateur a libéralisé le marché de l'assurance de prêt jusqu'alors monopolisé par les banques. Si les chiffres font état d'un réel levier favorisant le libre choix de l'emprunteur, la loi sur la délégation d'assurance reste lacunaire. Ne jetons pas bébé avec l'eau du bain, elle a le mérite d'avoir incité les banques à revoir leurs offres et d'avoir aiguisé une concurrence plutôt étouffée.

Depuis le 1er septembre 2010, la loi Lagarde facilite la délégation d'assurance de prêt en laissant à l'emprunteur le libre choix de l'assurance de son crédit immobilier. Il peut refuser le contrat groupe de la banque prêteuse et rechercher ailleurs une offre mieux adaptée : dès lors que le contrat extérieur présente au minimum les mêmes garanties que celui de la banque, celle-ci ne peut le refuser. Les formules de la concurrence se révèlent dans de nombreux cas plus avantageuses financièrement : les profils bénéficiant de tarifs plus compétitifs avec une assurance déléguée sont les jeunes actifs en bonne santé et non fumeurs, les cadres et les professions sédentaires. Selon le profil de l'emprunteur, le coût de l'assurance de prêt varie entre 0,10% et 0,40% du coût total du crédit. La mutualisation des risques avec le contrat groupe de la banque nivelle le coût et pénalise les catégories présentant un niveau de risque réduit. Avec la délégation d'assurance, ce coût peut être diminué de moitié pour peu qu'on veuille faire quelques efforts de recherche ou confier sa demande à un courtier. Au-delà de l'aspect financier, les contrats individuels proposent des garanties étendues en s'adaptant au profil de chaque emprunteur.

Une étude réalisée en juin 2011 par l'Ifop pour le compte de la Macif montre que 60% des personnes interrogées ignorent la possibilité de choisir une assurance autre que celle de la banque prêteuse.

Ces dernières jouent sur cette lacune pour imposer leur contrat groupe malgré l'obligation qu'elles ont d'informer leurs clients sur l'option de la délégation d'assurance. Les organismes de crédit ont néanmoins compris l'importance de faire évoluer leurs offres, certains ont mis en place une différenciation tarifaire en fonction de l'âge et les assureurs privés développent de leur côté des formules toujours mieux adaptées.

Cafpi, premier courtier en crédit et assurance, affirme réaliser 30% de délégation d'assurance pour ses clients emprunteurs, un pourcentage qui confirme que les banques ont lâché du lest et que l'assurance emprunteur n'est plus leur chasse gardée. Il ne faudrait pas en revanche qu'un trop fort développement de la délégation d'assurance laisse aux banques les profils plus à risques, comme les seniors qui pourraient lors payer pour les jeunes emprunteurs. Le marché doit trouver son équilibre au bénéfice des emprunteurs.

Francesco Romanello

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