La Mutualité Française veux limiter les dépassements d'honoraires
Haro sur les dépassements d'honoraires. La Mutualité Française combine ses forces à celles de l'association UFC-Que Choisir pour proposer une solution alternative au secteur optionnel. Envisagé avec obstination par le gouvernement pour contrer les dérives des dépassements d'honoraires, ce secteur intermédiaire entre le secteur 1 et le secteur 2 ne convainc pas l'ensemble des organismes mutualistes ni les associations de consommateurs. Lutter contre le projet gouvernemental est devenu le cheval de bataille de la Mutualité Française, en totale opposition avec l'assurance maladie et les associations de médecins libéraux pour leur part seuls favorables à cette nouvelle segmentation. Le secteur optionnel est tout à fait critiquable, l'UFC et la Mutualité entendent bien argumenter l'alternative qu'elles suggèrent.
Le secteur optionnel s'insère entre le secteur 1 où sont pratiqués les tarifs conventionnés et le secteur 2 où les honoraires sont libres. La création de ce secteur a pour objectif d'encadrer les tarifs des praticiens de bloc opératoire, à savoir les chirurgiens, les anesthésistes et les obstétriciens. Ces médecins spécialistes sont particulièrement concernés par les dépassements d'honoraires qui coûtent cher aux patients et à leur mutuelle. Les professionnels de ce troisième secteur qui ne dit pas son nom s'engageraient à pratiquer 30% de leur activité sans dépassement d'honoraires et à plafonner les dépassements à 50% du tarif conventionné. En échange les mutuelles seraient obligées de rembourser ces mêmes dépassements d'honoraires.
La proposition UFC-Que Choisir - La Mutualité Française
Créé en 1981 sous le gouvernement Barre, le secteur 2 avec tarifs libres n'a jamais été remis en cause. Rien qu'en médecine de ville, ils coûtent 2 milliards d'euros. Ajouter un secteur optionnel consiste à faire payer les dépassements d'honoraires du secteur libre sans y apporter de remède. L'effet pervers semble par ailleurs évident : les médecins du secteur 1 seront tentés d'intégrer le secteur optionnel, et les zones où les dépassements se situent dans la fourchette basse pourraient augmenter à la hauteur de ce qui serait autorisé. L'association de consommateurs et la Mutualité proposent de réguler les dépassements d'honoraires du secteur libre (qui ne le serait donc plus) et de revaloriser les tarifs des actes médicaux en concertation avec ceux qui paient, l'assurance maladie, les organismes complémentaires et les assurés.
La création d'un secteur optionnel ne résout en rien les dérives des dépassements d'honoraires, il ne ferait d'augmenter le niveau de prise en charge directement par les patients et indirectement par l'assurance maladie qui pourrait le répercuter sur les cotisations. Le président de la Mutualité Française Etienne Caniard appelle de ses voeux la convergence des tarifs entre les secteur 1 et 2 pour que l'effort financier induit soit partagé entre l'assurance maladie et les organismes complémentaires.


