Le bilan mitigé de la mutuelle collective obligatoire

La généralisation de la complémentaire santé en entreprises est entrée en vigueur le 1er janvier 2016. L'obligation est-elle bien respectée ? Quel est le niveau de couverture proposé ? Acteur majeur de la complémentaire collective, le groupe Henner dresse un bilan plutôt mitigé de cette mesure considérée alors comme une avancée sociale.

Baisse du niveau de garantie

Dans une interview au magazine Capital, Olivier Pericchi, directeur général délégué du groupe Henner (leader de l'assurance collective) livre un avis critique sur la généralisation de la complémentaire santé en entreprise, plus d'un an après l'entrée en application de la mesure issue de l'ANI (Accord National Interprofessionnel de juin 2013).

Il dresse 2 constats :

  1. obligation non respectée : entre 100 000 et 150 000 entreprises ne proposent pas de mutuelle santé à leurs employés, en majorité de TPE (Très Petites Entreprises) d'un ou deux salariés. Le nombre de personnes non couvertes par un contrat collectif atteindrait plus de 200 000.
  2. niveau de garantie en baisse : la mise en place du contrat responsable et du panier de soins a fait baisser le niveau de garantie des contrats collectifs. Conséquence : nombre de salariés souscrivent une surcomplémentaire pour renforcer la couverture collective.

Restes à charge plus importants

Cette couverture a minima a une incidence directe sur le taux d'adhésion. En 2016, 6 000 TPE soit 35 000 nouveaux bénéficiaires ont souscrit leur contrat collectif auprès du groupe Henner. 25% des salariés ont pourtant choisi de conserver leur contrat individuel ou de rester couverts par la mutuelle de leur conjoint, puisque la loi autorise ces cas de dispense. Pour Olivier Pericchi, la généralisation de la complémentaire santé est néanmoins un succès : deux tiers des 600 000 TPE proposent désormais une complémentaire à leurs salariés. Le bât blesse en revanche au niveau de la protection. La réglementation des contrats responsables nivelle les garanties et engendre des restes à charge plus importants pour les salariés. Ces derniers ont le sentiment d'être couverts au rabais, certains se tournant vers un troisième niveau de couverture, une surcomplémentaire, pour améliorer leur protection santé et celle de leurs proches.



Francesco Romanello

Par , le vendredi 19 mai 2017

Partager cet article :