Assurance perte d'emploi, utile ou non ?

Assurance perte d'emploi, utile ou non ?

La souscription à une assurance emprunteur conditionne l'obtention d'un crédit immobilier. Aucune banque n'acceptera de prêter sans cette garantie qui prend en charge les mensualités du prêt en cas de défaillance de l'emprunteur (décès, invalidité et incapacité). La garantie perte d'emploi est facultative et intervient, comme son nom le laisse entendre, si l'assuré ne bénéficie plus de revenus professionnels. Très contraignante et onéreuse, cette couverture est-elle vraiment une bonne protection pour l'emprunteur ?

L'assurance de prêt, une double protection

Bien que non obligatoire légalement, l'assurance emprunteur reste un élément incontournable pour décrocher un crédit immobilier. Il est beaucoup moins fréquent, sauf montant très élevé, qu'un prêt à la consommation soit assorti d'une assurance emprunteur. Non seulement cette assurance a pour vertu de garantir au créancier le bon terme du prêt, mais également de protéger l'assuré et ses héritiers en cas de survenance des risques couverts.

La garantie décès-PTIA (Perte Totale et Irréversible d'Autonomie) est le socle minimum de toute assurance de prêt. Sans cette couverture, la banque refusera le crédit qui financera un projet immobilier. Cette garantie est généralement complétée des garanties incapacité (totale ou partielle, temporaire ou permanente) qui prennent en charge tout ou partie des mensualités en cas d'accident ou de maladie. 

Rappelons que le contrat d'assurance-crédit immobilier peut être librement choisi par l'emprunteur conformément au principe de délégation d'assurance introduit par la loi Lagarde de septembre 2010. Chaque candidat à l'emprunt immobilier peut souscrire une assurance alternative, dès lors que celle-ci présente un niveau de garanties au moins équivalent à celui du contrat bancaire. Cette opportunité permet de réduire jusqu'à deux fois le coût de l'assurance, et de diminuer de fait le coût global du crédit immobilier. Un courtier comme Magnolia.fr vous accompagne, quel que soit votre profil, pour choisir le contrat adapté à votre situation au tarif le plus compétitif.

Le cadre restrictif de la garantie perte d'emploi

Les garanties décès-invalidité-incapacité sont toujours requises par la banque. Il est recommandé de vérifier auprès des établissements de crédit chez qui vous déposez votre demande de prêt la liste des critères de garanties exigés en assurance emprunteur, afin de pouvoir respecter l'obligation d'équivalence de garanties et comparer les offres en toute objectivité. La garantie perte d'emploi est quant à elle toujours facultative. Mais dans un contexte économique morose, le chômage et son lot de conséquences restent une préoccupation majeure des actifs. Il semble légitime de s'interroger sur l'intérêt de la garantie perte d'emploi quand on fait une demande de prêt pour un projet immobilier, qui va engager des moyens financiers conséquents sur une durée plus ou moins longue. Pour autant, peu de banques la réclament, car, au-delà d'un coût rédhibitoire, son périmètre d'intervention est limité. 

La garantie perte d'emploi est destinée à couvrir les salariés lors d'un licenciement, mais seuls les assurés suivants peuvent y prétendre :

  • employés en CDI dans la même société depuis au moins 6 mois, voire un an ;
  • âgés de moins de 55 ans (ou plus selon les compagnies, limite d'âge 65 ans).

Les salariés en CDD, en période d'essai ou en préavis de licenciement, de même que les travailleurs indépendants, ne sont pas éligibles à cette option.

Le salarié qui remplit ces conditions devra par ailleurs être bénéficiaire des allocations Pôle Emploi pour être indemnisé au titre de la garantie perte d'emploi.

La garantie perte d'emploi exclut par ailleurs toute indemnisation en cas de :

  • démission
  • rupture conventionnelle
  • licenciement pour faute grave
  • licenciement pour maladie
  • chômage partiel.

La garantie perte d'emploi est assujettie à un délai de carence de 6 à 12 mois, ce qui repousse d'autant toute prise en charge. En cas de licenciement, un délai de franchise s'applique, entre 3 et 9 mois, qui intervient au jour de la rupture du contrat de travail ou du début d'indemnisation par Pôle Emploi. L'indemnisation est très variable, parfois évolutive, en aucun cas totale, à hauteur de 30% à 80% selon l'assureur et le type de contrat. Sa durée est toujours limitée dans le temps : 18 mois maximum par période de chômage, et au plus 48 mois sur toute la durée du contrat.

À ces conditions d'accès drastiques, s'ajoute un coût élevé qui peut faire renoncer bon nombre d'emprunteurs : entre 0,15% et 0,55% du montant emprunté. Si vous empruntez 200 000€ sur 20 ans avec un taux d'assurance à 0,36% (garanties décès-invalidité), votre assurance vous coûtera 14 400€ ; en ajoutant la garantie perte d'emploi (+0,20%), le taux grimpe à 0,56% et l'assurance bondit à 22 400€, soit 8 000€ additionnels ! Plutôt qu'enrichir l'assureur ou le bancassureur, demandez à votre banquier la modulation des mensualités du prêt en alternative à l'assurance perte d'emploi. Vous pourrez ainsi bénéficier d'un report ou d'une diminution du montant des échéances si vous vous retrouvez au chômage.

Évaluez la pertinence de la garantie perte d'emploi avec un courtier spécialisé comme Magnolia.fr. Si vous êtes intéressé par cette couverture additionnelle, cet expert en assurance emprunteur vous aidera à trouver la garantie la mieux adaptée et la moins chère.





Francesco Romanello

Par , le mardi 2 juillet 2019

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