L'impact de la loi Hamon sur les souscriptions d'assurance en ligne

L'impact de la loi Hamon sur les souscriptions d'assurance en ligne

Entre 2015 et 2017, les souscriptions d'assurance en ligne ont quasiment doublé. Une progression spectaculaire qu'une étude e-Assurance attribue en premier lieu à la loi Hamon.


La digitalisation encouragée par la loi Hamon

En 2015, 12% des internautes français avaient souscrit une assurance en ligne (hors assurance vie). Selon l'édition 2017 de l'étude e-Assurance publiée par CCM Benchmark, ils seraient aujourd'hui 20%, presque deux fois plus. Les pratiques des assurés évoluent grâce à l'internet qui permet une digitalisation du parcours client de la recherche d'information à la souscription. Obtention d'un devis, constitution du dossier, transmission des documents, signature du contrat, déclarations de sinistre, suivi de remboursement, tout peut se faire en ligne rapidement, avec ou sans contact direct avec un conseiller.

Les auteurs de l'étude estiment que la loi Hamon a un impact positif sur l'usage d'internet dans la souscription d'une assurance. Au-delà des efforts des assureurs pour proposer un parcours de souscription 100% en ligne (plateforme, applications mobiles), la possibilité de changer d'assurance à tout moment encourage la pratique. La loi Consommation dite loi Hamon est entrée en vigueur le 1er janvier 2015 et donne aux assurés le pouvoir de résilier leur contrat d'assurance auto, moto ou habitation à la date de leur choix, la première échéance passée. Les démarches de résiliation sont prises en charge par le nouvel assureur.

Quelles assurances sont souscrites en ligne ?

L'assurance auto (et moto) arrive en tête des produits d'assurance souscrits en ligne (52%), devant l'assurance habitation (44%). L'assurance santé se place troisième avec 24%. Ces trois assurances sont les plus détenues par les Français, quel que soit le mode de souscription : 91,2% pour l'assurance auto, 96,8% pour la MRH et près de 90% pour la mutuelle santé. Logique, les deux premières sont des couvertures contraintes car obligatoires, la complémentaire santé étant pour sa part indispensable pour réduire les restes à charge. Il est en outre important de préciser que la mutuelle ne bénéficie pas des modalités de la loi Hamon : chaque contrat est résiliable selon ses propres conditions (respect des délais), par défaut selon les dispositions de la loi Chatel.

Autre volet de la loi Hamon, celui qui concerne l'assurance de prêt : depuis juillet 2014, les détenteurs d'un crédit immobilier peuvent changer d'assurance dans les 12 mois qui suivent la signature du contrat. L'étude révèle que 11% des internautes ont pu souscrire une garantie emprunteur en ligne. Cela reste marginal, car les conditions de résiliation sont plus difficiles à mettre en pratique (équivalence de garanties avec le contrat bancaire). La souscription digitalisée devrait néanmoins prendre de l'ampleur, puisque les emprunteurs pourront substituer leur assurance de prêt chaque année à compter de janvier 2018.



Sébastien Porret

Par , le mardi 21 mars 2017

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