Avez-vous déjà renoncé à vous soigner ?

Avez-vous déjà renoncé à vous soigner ?

Dans sa nouvelle étude, la Fondation April interroge les Français sur leurs difficultés d'accès aux soins. Une majorité de personnes a déjà au moins une fois renoncé à des soins, une problématique plus fréquente chez les jeunes. Voici tous les chiffres éloquents de ce sondage BVA réalisé en mars dernier.

Renoncer à se soigner, un phénomène très courant

Un tiers des Français estime qu'il est difficile d'avoir accès à des soins médicaux et à des professionnels de santé. Ceci engendre un renoncement aux soins partagé par une majorité des assurés : 75% d'entre eux déclarent avoir renoncé au moins une fois à se soigner, les jeunes de 18-24 ans étant les premiers à avoir pris telle décision (88%). 

Quels soins sont abandonnés ?

Une idée largement admise voudrait que l'optique et le dentaire soient les premiers postes auxquels renoncer pour raisons diverses, financières avant tout. Le sondage nous révèle que les soins abandonnés sont autant les consultations chez un généraliste que les visites chez le dentiste (31%). Autres enseignements : pas de prothèses dentaires pour 28% et pas d'équipement d'optique non plus pour un quart des sondés.

Les personnes vivant en zone rurale sont les premières à faire une croix sur un rendez-vous médical (55%), non par manque de praticiens mais à cause des délais trop longs. Près de la moitié des étudiants a abandonné l'idée d'aller consulter un généraliste.

25% des salariés ont renoncé à des soins du fait d'une complémentaire collective insuffisante.

Pourquoi renonce-t-on à se soigner ?

Les 4 raisons principales au renoncement aux soins sont :

  1. des délais d'attente trop longs pour obtenir un rendez-vous (51%)
  2. l'impossibilité de trouver un médecin en dehors des horaires habituels (39%)
  3. le refus des médecins d'accepter de nouveaux patients (38%)
  4. le manque de moyens financiers (33%).

Si elles restent marginales (5% de la population), les personnes qui ne bénéficient pas d'une mutuelle invoquent d'abord le problème financier dans leur renoncement aux soins.

Face à ces difficultés, 27% des personnes pratiquent l'automédication, en particulier les jeunes (45%), 11% vont aux urgences et 10% interrogent le pharmacien. Le recours à la télémédecine est encore embryonnaire (2%), une pratique que le gouvernement voudrait développer à l'avenir et pour laquelle sont en cours des négociations de mise en oeuvre avec les syndicats de médecins.






Gerard Mihranyan

Par , le mardi 10 avril 2018

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